Auteur Sujet: D&D5 : journal de Jarel  (Lu 484 fois)

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D&D5 : journal de Jarel
« le: 18/11/2017 à 22:37:00 »
Journal de Jarel Lebeau

Le professeur m’a donné du papier. Il m’a aussi donné et une belle plume blanche et noire. Il a dit que je pouvais les garder pour raconter des histoires et m’entrainer à bien écrire. Il a dit que je raconte bien les histoires et que comme j’aime bien dire des bêtises que plus tard je serai barde…

[…]

Troisième jour dans l’armée du chevalier Delatour. Je n’ai toujours pas vu notre commandant en chef. Je vais sans doute risquer ma vie pour un homme dont je ne sais rien… Mais j’apprends beaucoup au camp et mes camarades ont l’air de bons gars. Le sergent est très exigeant et rude, mais Garim le vétéran m’a expliqué qu’il était comme ça avec tous les nouveaux et qu’il nous endurcissait pour la bataille. Soit, mais je n’aime pas ses méthodes, il essaie de nous dresser comme des chiens.
Qui aurait cru que Boisfort me manquerait si vite ?

[…]

Je m’étais éloigné pour un besoin pressant lorsque les pillards ont attaqué. J’ai cherché à percer leurs lignes pour rejoindre la caravane, mais une brute demi-orque m’a vu et je me suis retrouvé encerclé par trois adversaires. J’ai perdu ma rondache en tuant le premier. Le demi-orque en a profité pour me blesser à la jambe. Un genou à terre, avec mon épée pour seule défense, sonné par un coup d’estoc au crâne, je me voyais déjà y passer lorsqu’une clameur fit se retourner mes deux opposants. Le sergent et deux ou trois autres camarades se sont frayés un chemin dans la mêlée en chargeant jusqu’à moi. Ils m’ont trainé jusqu’au reste du groupe, le sergent dégageant la voie au glaive et au bouclier. Il a eu de la chance : il n’a perdu que deux doigts dans l’affaire.
Dorénavant je sais pour qui je me bats. Et je ne pourrais jamais laisser un ami derrière.

[…]

Me voilà de retour à Boisfort ! À première vue rien n’a changé, si ce n’est que mes amis d’enfance sont devenus adultes. Moi aussi j’ai beaucoup grandi, plus vite que je ne l’aurais voulu. Mon oncle Joris m’a nommé milicien municipal. Je serai sous les ordres de mon cousin Karl… enfin, j’essaierai de faire semblant de l’écouter… Un petit prix à payer pour me reposer de mes aventures dans l’armée. À part l’incursion déjouée grâce à Lia l’elfe noire il y a des décennies, je ne me rappelle pas qu’il y ait jamais eu de problème plus grave qu’une dispute de fermier à Boisfort. Je vais enfin être un peu tranquille !
« Modifié: 18/11/2017 à 22:46:57 par Shiwa-Alain »

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #1 le: 18/11/2017 à 22:37:28 »
J’ai appris en revenant de ma petite mission d’escorte que ma cousine avait été enlevée par des gobelins ! Cette vermine n’apprend donc jamais ? Une petite expédition de volontaires est partie à leur poursuite ; j’espère qu’ils sauront se débrouiller, les gobelins sont pitoyables mais peuvent être sacrément teigneux.

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #2 le: 18/11/2017 à 22:38:45 »
Une mort mystérieuse (14/01/2017)

L’expédition est revenue avec ma cousine saine et sauve. Ils ont ramené un prisonnier et une mauvaise nouvelle : un chef orc rassemblerait une troupe qui menacera bientôt la région. Joris a ordonné la construction d’une palissade : une décision prudente, Boisfort compte trop peu de combattants vraiment aptes.

Les évènements s’enchainent : le bon Fernand est mort ce matin dans son sommeil ! Il n’était pourtant pas si vieux. Je suis allé me renseigner et présenter mes condoléances avec Lia et Lauranna.
Certains détails troublants ont éveillé notre attention :
– Sa femme Karine nous a dit avoir ressenti un grand froid pendant la nuit. Nous sommes pourtant en plein été !
– Le corps était très froid, le lit également. Fernand avait une tâche bleutée sur la poitrine. Nous avons fait venir l’apprenti magicien Thibaud qui a décelé une trace de magie, peut-être de la nécromancie.
– Une boite près du lit contenait un anneau d’argent que sa femme n’avait jamais vu. Le genre d’anneau qu’on offre en fiançailles.
– Fernand était devenu distant depuis quelque temps.
– L’une de ses filles se rappelait nettement d’un rêve dans lequel son grand frère Arthur, décédé il y quelques mois, apparaissait. On découvrit plus tard que Fernand avait fait le même rêve, ce qui expliquait pourquoi il était mort le sourire aux lèvres…

J’ai décidé de mener l’enquête.
J’ai commencé par questionner sans en avoir l’air le couple de la boulangerie, Marc et Lucile, frère et belle-sœur de Fernand. Lucile était dévastée. J’ai découvert qu’elle et Fernand avaient été très proches avant de se marier chacun de leur côté. Elle m’a aussi appris que Fernand venait plus tard chercher le pain le matin depuis quelques jours.

En reconstituant son trajet, nous avons découvert la raison des retards matinaux de Fernand : il s’occupait de deux marcassins enfermés dans un petit enclos non loin dans la forêt. Une petite fée apparut et nous expliqua qu’il avait tué leur mère et se sentait coupable…
La fée nous conseilla aussi de fuir, parce qu’une présence dangereuse s’était installée récemment dans les environs. Elle s’enfuit avant de nous en dire plus : deux loups menaçants étaient apparus et avançaient vers les marcassins. Nous nous étions interposés et préparés au combat… quand une vieille femme apparut à son tour et rappela les loups. Je ne sais pas trop quel genre de sorcière c’était, mais même Lia semblait dépassée face à elle. C’était sans doute elle qui effrayait la fée.

Comme elle semblait en savoir beaucoup sur Fernand, nous avons pris le risque de la suivre jusqu’à sa cabane. Là, elle nous a avoué à demi-mots avoir tué Fernand pour exaucer le vœu d’un autre homme, Marc, qui souhaitait que Lucile l’aime véritablement… la sorcière a donc aspiré la vie de Fernand pour que Marc soit le seul homme restant dans la vie de Lucile ! Quel raisonnement perverti !
Hélas, la sorcière (Lia l’a aussi appelée « entité » je crois) a suggéré les faits plutôt qu’avouer. Nous manquions de preuves. Et, dans son repaire, elle émanait une telle puissance magique que notre volonté faillit. J’ai honte d’être reparti sans rendre justice, mais je ne pourrai peut-être pas écrire ces lignes si je ne m’étais pas ravisé…
L’étrange créature nous a fait à chacun une drôle de prédiction avant de nous laisser partir. Elle m’a parlé d’un lion funeste ; d’un serment rompu pour Lauranna ; et de la déesse araignée pour Lia.
Je ne sais toujours pas quoi en penser…

À notre retour au village, on nous a dit que trois jours s’étaient écoulés ; nous n’étions pourtant partis que quelques heures… foutue magie !
J’ai interrogé Marc sur sa rencontre avec la sorcière, qui s’était présentée à lui sous une autre forme… Marc n’avait pas conscience que sa conversation mènerait à la mort de son frère. Je n’ai pas eu le cœur de lui expliquer son erreur.
« Modifié: 18/11/2017 à 22:57:25 par Shiwa-Alain »

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #3 le: 18/11/2017 à 22:42:57 »
La vie, la mort et l’instinct paternel (28/01/2017)

Le destin nous a gâtés de surprises cette nuit…

Nous avons averti par pigeon voyageur le chevalier Delatour du grand orc noir censé rassembler une armée dans la région. Pour appuyer notre propos et nous débarrasser d’un prisonnier petit mais encombrant, j’ai été chargé avec Ilona, Fared et Dorbal d’amener le chef gobelin Gerrick au village de Tial.

Sur la route, une de ces terribles tempêtes de la côte des épées nous a forcé à trouver refuge dans l’entrée d’un vieux tumulus. Nous y avons trouvé le jeune mage Thibaud et une demie-orque enceinte du nom de Bilana… il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre que ce petit malin était le père !
Un guerrier hobgobelin est entré : nous avons respecté la trêve de la tempête. La suite nous donna raison.

Alors que nous nous installions pour la nuit, une horde de rats s’est précipitée depuis le couloir central du tumulus. Thibaud nous a épargné de la peine en les carbonisant d’un seul sort. Au même moment sa femme a commencé le travail. Enhardi par son petit tour, ou peut-être parce qu’il n’assume pas sa paternité, Thibaud a pris une torche et les devants, nous guidant Fared, Dorbal et moi dans les profondeurs du tumulus. Ilona est restée avec Bilana.
En arrivant dans la pièce centrale, deux gobelours nous sont tombés dessus. Thibaud s’est effondré au premier coup et je l’ai cru mort. Fared et moi avons réussi à nous débarrasser de ces bêtes, qui tentaient apparemment d’installer une base, mais un autre défi nous attendait : le cadavre du chef gobelours enterré là s’est animé et nous a attaqué. Le combat fut rude mais nous en sortîmes triomphants. J’ai gardé en souvenir de ce combat une étonnante épée recourbée qui a remplacé avantageusement mon arme de service.
En marque de respect pour le combat mené, le hobgobelin a sacrifié une potion pour sauver Thibaud.

Bilana a accouché d’une adorable petite Madrigal.
« Modifié: 18/11/2017 à 22:59:39 par Shiwa-Alain »

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #4 le: 18/11/2017 à 22:45:14 »
L’inquiétante zombibliothèque (04/02/2017)

Dorbal a poursuivi la mission pendant que nous nous chargions de ramener le jeune couple, vulnérable avec leur nouvelle-née, au village.

Joris m’a convoqué avec Fenn, Fared, Ilona et Zamys pour enquêter sur une ruine mystérieuse repéré par nos rôdeurs.

Après quelques jours de voyage, nous avons trouvé une tour effondrée. À l’intérieur, des traces de campement laissées par une demi-douzaine de barbaroïdes. Une inspection approfondie a révélé une porte cachée. Derrière, un couloir souterrain nous a conduit jusqu’à une antique bibliothèque infestée de morts-vivants. Heureusement que Fenn était avec nous !

Une sorte de goule, douée de parole, a malheureusement réussi à nous échapper, une première fois lors de notre fouille, une seconde fois après avoir rodé autour du campement.

Un être inconnu a mené des expériences malsaines ici… nous sommes repartis avec les textes de la bibliothèque en espérant que leur étude approfondie nous en apprendra plus.
« Modifié: 18/11/2017 à 23:01:40 par Shiwa-Alain »

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #5 le: 24/11/2017 à 22:18:59 »
Le babynapping (10/06/2017)

Nous étions revenus depuis une semaine à Boisfort lorsque nous avons reçu un message du chevalier Delatour nous annonçant l’arrivée de son fils.

Peu après, j’ai été appelé à l’aide par l’apprenti mage Thibaud et sa compagne Bilana : leur fille avait été enlevée ! D’après leur récit, Bilana aurait été prise d’une fatigue soudaine et aurait laissé Madrigal dans les bras de Thibaud… qui l’a ensuite donné à quelqu’un ou quelque chose qui avait pris l’apparence de sa femme. Bilana s’est rappelé avoir croisé une vieille dame inconnue peu de temps avant. Je commence à en avoir assez de ces histoires de sorcières terrorisant le village !

Thibaud, Laurana, Fenn et moi sommes allé fissa sur la piste du kidnappeur : sa trace magique nous a guidés dans les marais.
La nuit tombait, et Thibaud a commencé à dérailler. Il s’est écarté du semblant de sentier où nous marchions et est tombé nez à nez avec des squelettes animés dans la bourbe ! Nous avons réussi à les détruire au prix d’une sale blessure pour Thibaud. Je l’ai senti très déstabilisé et je nous ai encordés par sécurité.

Un peu plus tard nous sommes arrivés à un cercle de pierres sur un îlot au milieu des marais, avec un autel au centre. Au premier abord il n’y avait rien d’autre, mais Thibaud a fait un peu de magie et a dissipé l’illusion : sa fille était sur l’autel, entourée de trois vieilles femmes inconnues, dont deux masquaient leur visage sous une capuche. Je fus un peu surpris (et soulagé) de ne pas retrouver cette « entité » qui avait tué Fernand.
Nous avons essayé brièvement de les raisonner, mais elles ne parlaient que de leur « pacte » et se montraient clairement menaçantes envers l’enfant. Nous avons donc engagé le combat et tué l’une d’entre elles. Les deux autres ont fui en laissant Madrigal, indemne. Thibaud a lancé des sortilèges impressionnants mais s’est évanoui à l’issue de la bataille. La blessure que lui avait infligé le squelette avait une allure vraiment inquiétante, malsaine… qui s’est résorbée pendant que je le portais jusqu’au village.

Je m’inquiète de la santé mentale de Thibaud, il n’a jamais eu les pieds sur terre et ces dernières semaines l’ont mis à rude épreuve. Mais c’est surtout la sécurité du village qui me préoccupe, j’espère que les renforts arriveront bientôt.

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #6 le: 24/11/2017 à 22:47:43 »
Pénurie d’ébénite et d’eau bénite (28/10/2017)

J’ai été convoqué chez Joris. Le fils du chevalier Delatour était là, accompagné d’un conseiller heureusement plus expérimenté.
Ils nous ont chargés, Fenn, Laurana, Fared et moi-même, d’aller vérifier pourquoi Boisnoble ne nous envoit plus d’ébénite. La construction de la palissade en dépend. Nous avons donc été chargés de remettre une missive au Bourgmestre André ou, si l’âge avait eu raison de lui, à sa fille Sylvie. Quelques autres villageois nous ont également confié des lettres diverses à l’attention de leurs parents installés là-haut.

Nous sommes partis dans l’après-midi, escorté par deux rôdeurs, sur la route qui remonte la rivière jusqu’à Boisnoble.

Le second jour, nous avons continué seuls. Au soir, alors que nous installions le campement, un sanglier nous a chargés. Son comportement était surprenamment agressif et, après que Fared l’eut tué, une forte odeur de charogne nous a pris à la gorge : de la nécromancie !
Par sûreté, nous avons déménagé le campement à quelques minutes de marche après avoir incinéré la bête putréfiée. Le reste de la nuit s’est déroulé sans incident.

Le troisième jour, une lueur au loin dans la forêt a attiré notre attention. Nous sommes allés enquêter, et des hurlements de loups nous ont fait presser le pas. L’éclat de lumière nous a menés à une clairière. En son centre, une cabane dans un grand arbre. Comme personne ne répondait à mes appels, je suis monté à l’échelle de corde et les autres ont suivi peu après. Nous découvrîmes la source de la lueur : un médaillon accroché à la fenêtre reflétait la lumière du soleil.
Une surprise nous attendait à l’intérieur de la cabane : une femme nue et tatouée, à la chevelure enveloppante, qui se présenta comme Élissa. Son esprit semblait troublé, elle n’arrêtait pas de réclamer son bâton en ébénite.
Elle passa son médaillon au cou de Fenn et l’embrassa subitement… Laurana a tenté d’intervenir et ils se sont retrouvés tous les trois figés un instant. Ils se sont ensuite effondrés et notre hôtesse s’est volatilisé par magie. Après s’être réveillés, nos compagnons ont expliqué avoir échangé leurs pensées avec Élissa.
C’est ainsi que nous apprîmes qu’elle était une sorte de druidesse originaire de Boisnoble. Elle s’était inquiétée de la corruption croissante des animaux et était allé enquêter au village, mais une prêtresse de Tir l’en avait chassée. La suite est assez confuse, c’est probablement là qu’elle a perdu son bâton. Il était également question de « la brume ».
En fouillant sa cabane, nous avons estimé qu’elle était abandonnée depuis peut-être un mois. L’Élissa que nous avions rencontrée était-elle un fantôme ? Nous avons également trouvé des potions curatives, un indice rassurant sur l’éthique de la mystérieuse druidesse.

Les indications d’Élissa nous ont permis d’arriver à Boisnoble en avance. La scierie en bord de rivière était vide, sans désordre mais apparemment inoccupée depuis quelques semaines. Nous avons laissé là les réserves d’ébénite, qu’il serait facile d’envoyer à Boisfort par la rivière après avoir rencontré le bourgmestre de Boisnoble.
Au village, la palissade était fermée et aucun signe de vie n’émanait de l’intérieur, ni bruit ni fumée. Laurana a surmonté son inquiétude et escaladé le mur pour nous ouvrir la porte. Le village était désert et la nourriture avait pourri dans les placards. Un évènement étrange avait dû survenir un ou deux mois plus tôt… peut-être juste après le départ des marchands qui, les derniers, nous ont amené des nouvelles de Boisnoble.
En investiguant nous avons trouvé le journal du bourgmestre. En le feuilletant nous avons eu un aperçu de la situation : des villageois ont été pris de folie ces derniers mois, les enfants sont devenus cruels et ont dû être enfermés pendant la nuit, leurs parents ont été corrompus à leur tour. Une brume mystérieuse s’est installée, de plus en plus persistante ; elle était encore là à notre arrivée. Selon le journal, l’auberge « la dryade rousse » à la sortie de la ville serait l’épicentre de ces phénomènes. La dernière entrée disait : « Le conseil a décidé de brûler la sorcière, sur le conseil de la matriarche de Tir ». L’hypothèse du fantôme se renforçait…
À la caserne, nous avons récupéré le bâton d’ébénite qui, selon le registre de la garde, avait appartenu à Élissa.

Au temple de Tir, de la cendre flottait dans l’air.
Les cloches se sont mises à sonner, les cendres et la brume se sont soudainement épaissies et des formes humaines ont émergé des maisons alentours. Nous nous sommes réfugiés dans le temple, dans lequel s’érigeait une étrange statue surmontée de chaines.
Ne voyant personne, nous avons exploré rapidement les lieux et découvert une trappe vers l’arrière de la chapelle. Elle nous a mené dans un étroit couloir souterrain, jusqu’à une salle avec deux portes entrouvertes : à droite ce qui ressemblait à une réserve, à gauche un prolongement menant à une cellule… Nous y avons trouvé et libéré Élissa, vivante mais toujours confuse.
Derrière nous, une voix de femme s’est élevée dans le temple. Je me suis approché silencieusement de la trappe pour mieux entendre : la matriarche de Tir prononçait un discours à moitié dément, évoquant les « sacrifices nécessaires » des dernières semaines, la purge des infidèles et autres délires fanatiques, échauffant les esprits en vue d’une exécution publique.
Quand je suis revenu alerter mes compagnons, Fenn a rendu son médaillon à Élissa et l’a embrassée. Elle est redevenue plus cohérente et a pu nous résumer brièvement ce qu’elle savait de la situation : un portail menant au plan de la mort était apparu dans l’auberge et la matriarche de Tir avait exécuté un puissant rituel pour tenter de contenir le problème. Le village était désormais condamné à revivre encore et encore la même journée, coupé du monde. Malheureusement, comme nous l’avons constaté à notre arrivée, la corruption du portail continuait à se répandre à l’extérieur, quoiqu’à un rythme moindre.

Nous n’avons pas eu le temps à ce moment-là de nous étendre sur le sujet. Une foule de villageois menaçait de débarquer à tout moment, galvanisée par une puissante prêtresse qui cherchait désespérément à reprendre le contrôle de la situation avec une violence aveugle.
Nous avons heureusement trouvé une sortie par la réserve du temple.
À l’extérieur, il m’a semblé entendre un murmure corrupteur émanant de la brume, de plus en plus consistante. Un bruit étrange, comme un rugissement maléfique, s’éleva d’un lieu indéterminé. Nous nous sommes rendu compte que nous n’avions plus le bâton d’Élissa sur nous : nous l’avions perdu en entrant dans la boucle temporelle du village. Nous nous sommes donc hâtés vers la caserne pour le récupérer une nouvelle fois.
Là, des spectres de villageois nous ont attaqués, nous blessant jusqu’à l’âme. Je me suis dépêché de rendre son bâton à Élissa, qui a tout de suite irradié d’une puissante onde de vie, écartant les spectres qui nous harcelaient.

Élissa nous a mené jusqu’à l’entrée du village, sa magie repoussant de plus en plus loin la brume et ses menaces. Elle a entamé une incantation pour sceller la magie du portail. Les spectres ne pouvaient plus nous atteindre mais une terrifiante silhouette mort-vivante, armée d’une longue faux, a franchi les protections d’Élissa et nous a attaqués. Nous l’avons vaincue avec peine et je crains que les blessures qu’elles nous a infligées ne nous laissent une marque indélébile…
La matriarche et sa foule fanatique sont sorties du temple, alors que la brume avait quasiment disparu. Dans sa folie, la prêtresse a lancé ses fidèles sur nous. Comme ils s’approchaient, Élissa nous a prévenus qu’elle allait figer le temps afin de contenir plus parfaitement l’influence du portail, à défaut de pouvoir le refermer. Elle nous a ordonné, avec insistance, de fuir avant que la zone soit exclue de notre monde. Je crois même qu’elle a essayé de m’hypnotiser, mais mon choix était fait…
Même s’il m’en coutait de laisser Boisfort à son sort, je comptais sur nos amis restés là-bas pour défendre le village. Et surtout je comprenais à quel point il était important, pour Élissa, de ne pas être seule au moment de se sacrifier. À ma surprise, Fenn et Fared ont également choisi de rester. Seule Laurana est partie avant la fin : je sais qu’elle sera capable de mener à bien notre mission initiale et de prévenir le reste du monde de ce qui s’est passé ici.

Le rituel s’est accompli, la matriarche et les villageois se sont figés comme des statues. La magie d’Élissa nous maintient en mouvement dans ces limbes crépusculaires qui étaient, quelques mois plus tôt, un paisible village de bûcherons. La sortie est à quelques mètres mais le monde extérieur est désespérément hors de notre portée !
Nous voilà bloqués hors du temps.

 

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #7 le: 11/02/2018 à 01:16:48 »
La non-dryade rousse (03/02/2018)

Ma perception de la réalité, dont la cohérence m’a si longtemps rassuré, s’est effritée à mesure que nous avancions dans cette dimension où l’écoulement du temps non-euclidien a figé les habitants dans des postures grotesques et plongé le monde dans un crépuscule sans fin qui, j’en étais de plus en plus persuadé, masquait à notre perception trop étriquée des horreurs indicibles prêtes à faucher le semblant de clarté de pensée qu’il nous restait sans même prendre conscience de notre présence fugace sur leur affreux territoire.
Ce n’est qu’un certain temps après avoir retrouvé, à l’auberge, nos compagnons Laurana et Dorbal, ainsi que deux habitants de Boisnoble, la guerrière Aelia et le mage Kassim, puis erré dans une salle principale où se côtoyait un carnaval grotesque d’êtres aux origines inconcevables et affronté à nouveau la terreur brumeuse et les infects squelettes arrachés au repos de leurs tombes, que je retrouvais suffisamment la maitrise de moi-même pour redonner du sens à la succession de cognitions qui constituait jusqu’alors mon innocente sentience…

Nous nous sommes retrouvés dans un couloir. Devant nous, un capitaine armuré et flanqué de deux acolytes à la peau rouge et la queue fourchue, nous invita à le suivre jusqu’à la maitresse des lieux. Nous le suivimes dans un couloir richement décoré, allant s’élargissant jusqu’à une porte majestueuse gardé par ce qui semblait être deux armures animées par une magie ténébreuse. Nous entrâmes.
Sur une estrade, installée dans un lit luxueux, une superbe femme rousse nous attendait. À ses côtés : un grand homme très pâle. La dame nous souhaita la bienvenue à l’auberge et nous demanda d’où nous venions. Nous répondîmes honnêtement et elle nous expliqua que nous étions maintenant hors des temps, à la croisée des plans. L’auberge de la dryade rousse, un écho de cet endroit, n’était pas censé y être connectée. La maitresse des lieux nous donna une marque d’invitation pour circuler librement, nous invitant simplement à respecter la trêve dans la grande salle. Nous lui apprîmes tout ce que nous savions sur la brume, ce dont elle nous récompensa avec des potions qui ravivèrent nos âmes éprouvées par les combats contre les mort-vivants, ainsi que d’une superbe épée pour Aelia et des brassards de défense pour Kassim. Nous fûmes également nourris et un grand être humaniIide bleu en robe vint nous rejoindre. Il s’adressa à nous directement en esprit, examina nos blessures et nous confia des fioles pour emprisonner la brume à des fins d’études. Nous le laissâmes prélever un peu de sang pour qu’il puisse étudier le phénomène à partir des traces qu’il avait laissé sur nous. Nous remerciâmes nos hôtes et repartîmes, espérant rejoindre Boisnoble par les limbes.
Dorbal accepta de rester quelques temps avec la « dryade » rousse.

Après un bref retour à la salle commune, où Fenn offrit une bière à un curieux être écarlate qui lui promit en retour de « bien s’occuper de lui en enfer », nous sortîmes de l’auberge et nous retrouvâmes sur une curieuse étendue que je ne pourrai qualifier que de ce terme ancien de « cheuloumajick ». Nous avançâmes en suivant notre instinct de survie, espérant retrouver la route vers notre plan d’existence, mais le mage Kassim, déviant, marcha avant que nous n’ayons pu le dissuader vers, disait-il, une étrange tour. Nous fîmes un détour pour l’encorder et le ramener sur le droit chemin, mais un cri résonna dans nos esprits et nous vîmes un cavalier surgir de la nuit, nous chargeant. Réagissant promptement, nos projectiles lui arrachèrent quelques labmeaux de limbe mais il parvint au corps à corps. Notre expertise martiale et notre nombre feurent raison de lui, même si son terrifiant cri mental paralysa un instant le mage… inutile d’essayer de décrire ma surprise lorsque le mystérieux cavalier, tombant à terre, se révéla être le fils du chevalier Delatour, qui disparut en poussière.
« Modifié: 15/04/2018 à 09:55:44 par Shiwa-Alain »

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Re : D&D5 : journal de Jarel
« Réponse #8 le: 15/04/2018 à 09:55:21 »
Mage et temps fragmentés (14/04/2018)

Le décès fantasmagorique du chevalier Delatour n’a pas été l’évènement le plus étrange de cette… « journée ». Comment garder la notion du temps dans ce crépuscule permanent ?

Après notre victoire donc, une musique familière nous a attiré vers la tour, où nous avons aperçu Laurana perchée sur un balcon, un peu désorientée. Elle nous a rejoint avec quelques acrobaties et nous lui avons expliqué nos péripéties (le peu que nous en avions compris).
En fin de conversation le mage Kassim s’est mis à murmurer qu’il entendait des choses et qu’il était « libre », ce qui nous a bien évidemment beaucoup inquiété. Fenn a réagi de façon expéditive : il l’a assomné d’un coup de marteau sur le crâne ! Puis, comme l’âme de Kassim se détachait visiblement de son corps, notre prêtre a adressé une prière à Lyra pour… je ne sais pas quoi, mais elle a été exaucée. Une lumière éblouissante est apparue un instant. Quand elle a disparu, la corde avec laquelle j’avais mis le mage en laisse  avait disparu. Plus étonnant encore, il y avait maintenant 2 mages ! L’un se présenta comme Kassim, le mage psycho-rigide que nous connaissions, et l’autre comme Arkwright, une sorte de personnalité refoulée libérée par l’intervention divine. Kassim était tellement bouleversé par ce divorce spirituel qu’il est resté mutique pendant des heures.

Nous avons repris la route dans les limbes, jusqu’à arriver à la palissade de Boisnoble. Un milicien en faction, nous voyant arriver, a, très lentement, fait signe pour qu’on nous ouvre la porte. À l’intérieur, deux miliciens à l’aspect brumeux se sont avancés à une allure de zombie défraîchis jusqu’à s’écraser contre le seuil. Me rappelant de la requête de la pseudo-dryade rousse, je me suis avancé et j’ai prélevé de la brume avec la fiole ad hoc.
Mais se faisant je me suis retrouvé aspiré dans l’enceinte du village. La voix désagréable de la prêtresse de Tyr a résonné, je n’étais clairement pas le bienvenu. Plus je restais dans la zone, plus les villageois paraissaient tangibles et moins lents. Une sorte de mur d’énergie destructrice m’empêchait de ressortir, alors j’ai foncé vers la sortie qui menait à l’auberge, à l’autre bout du village. Laurana et Arkwright m’ont soudain rejoint en pleine course. Les villageois étaient de plus en plus vifs et Arkwright en a tué 3 pour aider Laurana à se dégager. Nous avons ouvert la porte et, en nous tenant par la main, grâce à la force de nos volontés combinées, nous avons réussi à franchir la barrière d’énergie.
Fenn nous attendait avec Kassim, depuis un jour selon leurs dires. Nous avions donc suivi deux trajectoires temporelles parallèles qui ont fini par se rejoindre : du temps non-euclidien je vous dis !

Nous sommes arrivés à l’auberge, dans une version brumeuse, semi-fantomatique. En cherchant à rejoindre le bureau de la « dryade », nous sommes arrivé dans une version alternative de sa chambre dans laquelle le fils du meunier attendait Laurana. Mes souvenirs étaient un peu confus pour la suite, mais ils étaient mariés, et Fenn et moi nous sommes retrouvés éjectés dans le couloir. Nous avons repris un peu nos esprits et avons défoncé la porte à coup d’épée et de marteau. Laurana étéait acculée à la cheminée, entre de se battre avec son « mari » (« une fée ! » m’a crié Fenn). Je m’avançais pour l’attaquer mais mes compagnons avaient pris le devant et ont tellement malmené l’illusion qu’elle s’est dissipée.

Nous avons quitté cette chambre étrange et, à un autre détour des couloirs, avons finalement retrouvé la chambre de la « dryade ». Nous lui avons confié les fioles et elle nous a invité à nous reposer un instant, ce que j’ai accepté avec plaisir après toutes ces péripéties surnaturelles.
« Modifié: 15/04/2018 à 09:57:53 par Shiwa-Alain »

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